Le Grand Jabadao

Genre: Littérature générale

Date de parution: 09/02/2022

Exemplaire du tirage de tête: 68€

Le Grand Jabadao

« J’ai publié mes premières nouvelles au Dilettante en janvier 1988. J’avais vingt-huit ans et la plaquette, tirée à 666 exemplaires, comptait quarante-quatre pages. Depuis, au gré des quatre dernières décennies, j’ai donné à Dominique Gaultier, son grand timonier, plusieurs textes courts. Il les a toujours accueillis avec curiosité, humour et persévérance. L’enseigne du chat qui somnole sur un bouquin continue donc à battre pour moi, tel un drapeau. Rassurante comme un repère dans le temps qui passe, précieuse comme une amitié au long cours. »

J.-L. C.

Résumé :

Balader son prochain, comme chacun sait, est tout un art qui s’entend de deux façons : tromper dans les grandes largeurs ou emmener en promenade. Coup double pour Scorff, le galeriste parisien d’un Grand Jabadao, sixième excursion organisée pour Le Dilettante par Jean-Luc Coatalem, que deux Bretons retors vont mener en bateau avec un sens consommé de la combinazione. Car, quand on est marchand d’art et qu’on racle le fond, autant se rattraper à toutes les bouées possibles. Celle de Scorff s’appelle les frères Kerven, Zac et Bram. Deux roux de Landévennec, sortis de nulle part, flanqués d’un molosse et d’une fille louche, Saskia, qui s’enorgueillissent de posséder une version Gauguin de L’Origine du monde :"deux cuisses ouvertes sur un aplat bleu, un bleu cobalt, pareil à un ciel saturé". Et toutes les planètes semblent alignées : signature ad hoc, décor d’époque, et surtout scénario avéré, l’oncle Paul ayant tiré le portrait, un soir de solitude, de Marie Poupée, la délicieuse aubergiste bretonne qui l’hébergeait, lui et ses amis corsaires de la palette. Scorff mord à l’hameçon, agite son réseau, les frères Kerven n’ont plus qu’à mouliner, se rêvant déjà partis outre-Atlantique. Mais leurs visions d’ailleurs vont devenir un Eldorado de la Méduse. En solide boucanier-conteur, Coatalem barre son récit d’une main ferme, jouant avec virtuosité des fausses pistes et des hauts-fonds, des faux naïfs et des idiots utiles, lançant dans une sarabande diabolique ce petit monde rêveur et cupide. Cette danse qu’en Basse-Bretagne on nomme justement le jabadao…