Résumé :
Du narrateur de ce roman, le lecteur n’apprendra presque rien. Tout juste son métier. Il est kiosquier, avec une ambition cachée : écrire un livre.
Après une soirée trop arrosée, il s’éveille auprès d’une belle oubliée. Celle-ci semble si bien le connaître qu’elle a son petit avis sur ce qui anime secrètement ses nuits. L’inconnue prend aussitôt ses aises et s’emploie à refaçonner sa création. Elle impose son goût et détricote ses chapitres avec le même aplomb qu’elle met à étendre sa culotte dans la salle de bain.
Lorsque l’insolente inspiratrice disparaît, cet anonyme narrateur croit que le roman, encore, lui appartient; or ce n’est que le début d’une implacable dépossession.
Comme une revisite du mythe de Pygmalion, Un beau poison nous montre une Galatée indocile, qui n’a de cesse d’échapper à son créateur pour le jeter dans l’ombre. Dominique Pascaud y trouve une manière subtile de mettre en garde quiconque oserait défier la Muse, et nous rappelle que l’amour, comme la littérature, est un poison violent dont il convient de ne pas dépasser la dose.
