Notre lâcheté

Redécouvertes

ISBN: 9791030800067

Genre: Littérature générale

Date de parution: 12/02/2020

Couverture : Bibliothèques de Saint-Brieuc/ Fonds d’Archives littéraires Louis Guilloux

Prix: 15€

Préface de: Ghislain Pierre

Notre lâcheté

Redécouvertes
La Un roman pessimiste et cynique, paru en 1930, mettant en scène un homme faible qui se met à battre son épouse, racontant la faiblesse humaine et sa totale soumission jusqu'à la déchéance.

Résumé :

D’apprendre, comme nous le permet son préfacier Ghislain Pierre, que sous Alain Berthier se cache Alain Lemière (1901-1984), ami de Louis Guilloux, cofondateur du fugace vorticisme à la française et administrateur de la revue Bifur, cheville ouvrière des dictionnaires Quillet et auteur pour Hazan d’une tétralogie japonaise, à la fois nous renseigne et nous déroute. Car, avec Notre lâcheté, son unique roman paru Au sans pareil en 1930, il nous livre une de ces rares effractions littéraires où semble s’être déposée toute la lie de la vie, un élixir d’amertume hargneuse, un concentré de désespoir griffu qui font de ce livre un espace à risque. Monologue hanté d’un affligé de l’existence qui semble, muré dans sa réclusion intérieure, s’enliser en soi à chaque seconde un peu plus, soliloque d’un drogué de la souffrance qui va d’une fille l’autre, éperdu de déshérence sentimentale et de sordide sexuel, Notre lâcheté et son anti-héros finissent par toucher terre. Le port où il ancre se nomme Paule, une bourgeoise racoleuse, opulente et décatie avec laquelle il entame une danse de mort et d’humiliation où les coups portent moins que les insultes. Une ronde fatale, décrite d’un parler rêche et sans apprêt, à cru, n’offrant ni jour, ni échappée. Seul horizon à cet asservissement, la veulerie à laquelle, par intérêt, finit de s’abandonner le narrateur. Une pépite oubliée déterrée par Le Dilettante, fidèle à sa vocation d’orpailleur.

On en parle :

PRESSE

Le fou follet
L’unique roman d’un désespéré muré dans sa réclusion intérieure.
Alain Berthier est né en 1901, mort en 1984. De son vrai nom Alain Lemière. Il fut l’ami de Louis Guilloux, de Jean Grenier. Il géra une revue, Bifur, où collaboraient Cen­drars, Malraux, Joyce, Tzara. Autant dire que la littérature et les littéraires, il connaissait. Des sujets nobles ? Pour lui, rien que la vie et ses exigences. Écrire pour les autres ? Foutaises. Rien que pour les mains. La joie de modeler. Berthier était un artisan. Ayant appris qu’il lui faudrait mourir un jour, il ne pouvait plus dor­mir la nuit. Vous voyez un peu le lascar. Cioran, en comparaison, c’est Zavatta. « Tout est bagne à qui porte le bagne en soi », écrivait-il. Alain Berthier n’a écrit qu’un roman. Publié en 1930. L’histoire d’un résigné, d’un désespéré, d’un camé de la souffrance, d’un suicidaire qui ne se suicide pas, d’un homme à femmes qui n’est pas un homme à flammes. Un homme qui a le dégoût de tout. Qui se maque avec un boudin décati. Lisez Alain Berthier. Son style sec, sans concession. Vous apprendrez, comme il est dit au quatrième du livre, que la violence et la sen­sualité nous font prendre conscience du néant de la vie, de la distance décourageante qui sépare nos rêves de nos reptations quotidiennes.
François Cérésa, Service Littéraire, Février 2020

L’enfer et Cie
Le vice est traité ici dans une prose vertueuse, la saleté exposée avec une grammaire soignée et la haine bordée par d’impeccables subjonctifs passés. Notre lâcheté, c’est de l’or noir, trouvé par le Dilettante, cet orpailleur. (…) On voudrait citer des phrases, mais c’est impossible, tellement c’est ignoble. Et d’autant plus que jamais Alain Berthier ne fléchit : il va, inflexible et rigoureux, jusqu’au bout de son entreprise de démolition. Le propos est insoutenable et l’objet littéraire, irréfutable.
Jérôme Garcin, L’Obs, 6 au 12 février 2020

Histoire Littéraire : Confession de la brute
Témoignage d’un homme torturé par sa sensualité et sa faiblesse de caractère.
En littérature, Alain Berthier est donc bien l’homme d’un seul livre. La lecture de Notre lâcheté explique cette rareté car le texte frappe par sa densité, par sa noirceur torturée et par son style jeté. (…) Élaborant chacune de ses phrases comme une sentence, Alain Berthier donna à son récit la netteté d’une opération clinique, procurant à son enlisement des effets plus douloureux encore.
Éric Dussert, Le Matricule des Anges, Février 2020

PRESSE RÉGIONALE

Court, presque en huis clos, le texte recèle son lot de formules saisissantes, à cause desquelles on corne les pages : « Rien n’est pire qu’un faible devenant le plus fort après avoir vécu en prison dans l’humilité, la timidité et la peur» ; sur le silence entre les amants : « le silence sournois de deux ennemis à l’affût l’un de l’autre. Un silence abominable. Un silence à rendre fou». En 1930, Paulhan écrit à Arland : « Lis Notre lâcheté.» Cette suggestion vaut toujours.
Bernard Quiriny, L’Opinion, 12 février 2020

La confession sinistre d’un raté, en couple avec une femme qu’il aime et déteste à la fois, saluée à l’époque par la critique. Un récit bref, d’une noirceur totale, plein d’aphorismes amers.
Bernard Quiriny, Trois couleurs, Février-Mars 2020

Avec Notre lâcheté, son unique roman paru aux éditions Au sans pareil en 1930, il nous livre un monologue hanté d’un affligé de l’existence qui semble, muré dans sa réclusion intérieure, s’enliser en soi à chaque seconde un peu plus, soliloque d’un drogué de la souffrance qui va d’une fille à l’autre, éperdu d’errance sentimentale et de sordide sexuel.
Bretons, Février 2020

La lâcheté, solution au sordide de la vie
Le récit, au total, s’il est bien écrit, profond sur le plan psychologique, est oppressant : on s’y sent enfermé, on a l’impression de ne pouvoir s’en échapper, et de sombrer avec le narrateur, anti-héros par excellence, condamné au malheur et au sordide. Embarrassant.
Robert Colonna d’Istria, Corse Matin, 14 février 2020