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Livres

Un début loin de la vie

BLANCHARD André

Genre : Journal
ISBN : 9782842639341
Date de parution : 14/03/2018
Nombre de pages : 320
Couverture : Y5/P5
Prix : 20,00 €
Exemplaire du tirage de tête : 80,00 €  
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Voici les notes éparses et posthumes d'un dilettante, publiées en revues et restées inédites en volume.

Résumé

En 1989, Entre chien et loup révéla la ferveur patiente et le souci hanté pour la lecture d’un solitaire : André Blanchard. L’opus fut suivi de onze livres qui nous conduisirent dans ses randonnées tâtonnantes et forcenées, et nous rendirent adeptes de l’inflexible calme et de la pénétrante nonchalance de son regard.
Sont réunis ici deux textes qui nous livrent les épisodes d’un choix, les étapes d’un acheminement complexe vers l’acte d’écrire, la place de l’écrivain, la constitution d’un panthéon portatif de plumes élues. La tension d’un Début loin de la vie, celle d’André Blanchard, nous est donnée d’abord sous forme d’« Ex voto », écrit en 1999, texte-flèche, furieux et fougueux, longue phrase hoquetante de 70 pages qui déferle comme un bête affamée, sinue comme lézarde soudaine. Blanchard avoue sa vie comme dans un cri. Puis ses premiers carnets, tenus de 1978 à 1986, pas à pas, mois à mois. Mère trop pieuse et père absent, renoncement au Droit, pion revêche face à la horde houleuse, refus du mendigotage professionnel, vendanges, amour, rencontres et surtout lectures. Confiant un régal, avouant une nausée, vantant Mauriac, Green et Léautaud, leurs journaux lus en désordre, casanier évoquant ses rayonnages telles des contrées fabuleuses, L’homme est moins aux abois qu’aux aguets, toujours amoureux de K., sa dame, parfois d’un humour épatant (Blanchard endurant un dîner de randonneurs...) Malgré une surdité envahissante, une vie chiche, le bonheur est là, sous la lampe, près des livres, cerné par la fluidité du chat. Décédé en 2014, à 63 ans, André Blanchard nous lègue moins un savoir que des saveurs, l’essentiel.

Presse

Le Dilettante publie le premier volume (qui complète les neuf déjà parus) des Cornets du «misanthrope aimable» Andre Blanchard.

Le Figaro, Ça&Là, 1er mars 2018

 

Blanchard constate au fur et à mesure de ses lectures (...) que chez le grand et le moins grand écrivain,  il y a les bons morceaux et les bas morceaux. (...)  notre ami affectionne la formule qui pète. Il ne s’en laisse pas compter(...)  Il savoure les « sourires désabusés » d’Henri Calet. Calaferte, Gide, Green, Léautaud, Mauriac sont scrutés avec attention. Ne comptez pas sur lui pour être charitable ! Il constate ici et là chez un écrivain établi, une légère déglingue, des faiblesses mais aussi des étonnements. Prêt à bondir lorsqu’il relève chez l’un d’entre eux des longueurs. Trop de fracas, trop de charabia, trop d’imbécillités. Dans la grande braderie littéraire, à chaque saison, il se rend compte de ce défaut constant de la littérature : l’intellect prend le dessus sur la sensation.

Alfred Eibel, Sevice Littéraire


 

«J'écris pour n'avoir pas à exister», aimait-il à dire. Du discret André Blanchard, disparu prématurément en 2014, auteur hors pair, digne petit-neveu de Leautaud, nous resteront ses carnets,  qu'il noircissait au gré de ses humeurs et de ses nombreuses lectures, au fil des mauvais jours, sous la bienveillance de ses maîtres: Flaubert, Barres, Montherlant, Perros, Julien Green, ou encore l'injustement oublié José Cabanis. Son editeur, Le Dilettante, qui l'avait qualifié de «misanthrope aimable», vient de publier son tout premier carnet (lequel complète les neuf déjà parus), sous le titre Un début loin de la vieallant de 1978 a 1986.
Cet amateur de sarcasmes et de pirouettes est alors pion dans un collège, à Besançon. ll nous parle de la couleur du ciel, de sa compagne, de ses enthousiasmes littéraires de cinéma (Truffaut, Schlondorff et son Amour de Swann, Les Nuits de la pleine lune de Rohmer, E la nave va de Fellini...), d'émissions televisées, de la réception de Marguerite Yourcenar sous la Coupole,  de son chat. Les morts passent le poète Xavier Grall, Patrick Dewaere («Drieu la Rochelle y eut reconnu son feu follet»), un cousin fauché a l'âge de seize ans.
Alors qu'il découvre les Nouveaux Mémoires interieursBlanchard note «il y a comme une harmonie à lire du Mauriac l'été, ce que je fais toujours, tant ces livres sont imprègnés de cette saison.» En 1985, il avait proposé pour son épitaphe : «Et dire que c'était quelqu'un de capable !»
Ne le faisons pas mentir. Et partons a la decouverte de cette plume aussi rare qu'enchanteresse. Et qui nous manque.

 

Thierry Clermont, Le Figaro Littéraire, 22 mars 2018

 

 La littérature est son centre d’intérêt : désargenté, il se constitue une bibliothèque au fil des occasions, et relit sans fin ses auteurs-fétiches : Green, Mauriac, Gracq, Cioran, Montherlant, Proust. Ses carnets sont un festival de titres, de noms, l’autoportrait d’un lecteur compulsif, jamais repu. On y glane des intuitions lucides, des résumés péremptoires (« Proust a tout dit, et sur tout »), des piques (sur Aragon, à sa mort : « Retrouvera-t-il ses deux amours, Elsa et Staline ? C’est là que le matérialisme est embêtant »).
Blanchard bricole des théories, invente des attitudes. Il distingue, comme le fera Philippe Muray, entre la grande littérature qui décourage d’écrire et la fausse, qui donne envie d’imiter. Il rappelle qu’on n’est pas obligé d’aimer tout, qu’on ne peut aimer que les écrivains de sa famille d’esprit – c’est pourquoi Le Clézio glisse sur lui, ou Perec. Ce Blanchard-là, curieux de tout, dépourvu de système, est désarmant. Une saynète le résume : en 1982, il croise un vieux prof de lettres ; ils se mettent à causer sur le trottoir, citant Jouve, Green, Proust, Baudelaire. Le prof, faisant voler ces noms, a « comme un émerveillement d’enfant ». Blanchard ne le dit pas, mais on devine que lui aussi.
Bernard Quiriniy, L'Opinion, 10 avril 2018

 

WEB

Ce dernier opus d’André Blanchard se compose d’un long texte, intitulé « ex- voto » où il décrit son cheminement et ses interrogations sur l’acte et la nécessité d’écrire. (...) Mais écrire, c’est aussi se mettre en danger… Ses états d’âme, ceux d’un érudit qui se cherche et s’ignore encore, d’un solitaire amoureux de la littérature. (...) Époustouflant Blanchard, qui, sans se gausser plus haut que sa plume, fait le tour de la question avec une élégante nonchalance ! La seconde partie se picore par petits bouts, se savoure de façon à en garder un peu pour le lendemain, dans un souci d’économie de belles lettres…

Christine le Garrec Sancet, A vos marques... Tapage !, 13 mars 2018

 

Il pose ainsi l’éternel problème de la place, du rôle peut-être, du moyen d’existence certainement de l’écrivain dans la société. Il ne fera jamais aucune concession, il ne marchandera jamais son talent, il n’écrira que ce qu’il considère comme de la littérature : ses carnets, ses notes, ses aphorismes, ses réflexions…

Denis Billamboz, Critiques Libres, 13 mars 2018