
Genre :
Récit(s)
ISBN : 2-84263-063-7
Année de parution : octobre 2002
Nombre de pages : 96
Format : 12x18 cm
Couverture : Massin
Prix : 11,5€
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La révélation d’un Vialatte insolite, enseignant un an au Caire, voyageur à l’ombre des Pyramides d’Égypte, et non pas des volcans d’Auvergne. Et c’est ainsi qu’Allah est grand prend donc sa source près du Nil!
Qu’est-ce que l’Égypte ? Un décor d’opérette laissé vide quelques milliers d’années le temps de confectionner son plus bel ornement : le chapeau de Napoléon. Qu’est-ce qu’une pyramide ? Un mont d’Auvergne touché par l’esprit de géométrie. Qu’est-ce qu’un mont d’Auvergne ? Le mausolée d’un dromadaire. Telles sont les vérités qu’étale à nos yeux Alexandre Vialatte, alors professeur de français au lycée franco-égyptien d’Héliopolis, dans des chroniques égyptomaniaques parues entre 1938 et 1942. Avec l’imperturbable jovialité d’un faiseur de réussite, il dépose sous nos yeux des cartes postées d’Orient.
Il nous y dresse une ontologie du galabieh, un plan d’usage du Moab, y esquisse un portrait-robot du djinn, croque des fellahs, dit les gares, les routes, les fillettes et le sable.
Bref, Au coin du désert ou quand l’Égypte fait la conquête d’Alexandre.
« Quand on arrive de nuit à la gare du Caire, on commence par être surpris, sur les trottoirs qui l’entourent au-dehors, de l’étrange lumière qui vous baigne et vous transforme en spectres inquiétants. Mauve, hoffmannesque, alchimique, elle coule sur le visage et sur les mains du voyageur déconcerté, à la façon d’un ripolin immatériel. Un réflexe vous fait sortir votre mouchoir ; on s’essuie les mains machinalement. En pure perte. Une faune de Martiens verdâtres vous entoure : ce sont vos compagnons de voyage. Des démons bruns en robe blanche s’acharnent sur votre bagage au milieu de ces ectoplasmes. »
En lisant les textes d'Alexandre Vialatte écrits en Egypte en 1938, on comprend mieux pourquoi il a toujours par la suite conclu ses chroniques par "C'est ainsi qu'Allah est grand !" (…) Et c'est au tour du lecteur d'être sous le charme de la plume d'Alexandre Vialatte alors âgé de 37 ans, qui multiplie les trouvailles, les heureuses formules, pour décrire une Egypte d'avant-guerre sous toutes les coutures et les couleurs de la séduction.
J-C Delaygues, La Montagne, 15 novembre 2002.
Vialatte s’empare de l’alchimie lumineuse de l’Égypte où les gens écrivent de droite à gauche par pur esprit de contradiction, où l’hiver est chaud, le désert frais, où vingt nations hostiles en Europe s’entendent ici comme des sœurs, pour nous servir un rêve oriental insolite et délicieux sous forme de cartes postales.
Pascale Arguedas, Calou, l'ivre de lecture.